Droits de succession entre frères et sœurs en 2026 : abattement et barème
Hériter de son frère ou de sa sœur est une situation fréquente, mais fiscalement moins favorable qu'en ligne directe. Contrairement aux enfants ou au conjoint, les frères et sœurs sont considérés comme des « collatéraux ordinaires » par l'administration fiscale.
Heureusement, un abattement spécifique de 15 932 € est prévu, et des conditions d'exonération existent pour ceux qui ont vécu avec le défunt.
Ce guide détaille chiffres à l'appui le barème progressif, les possibilités d'optimisation et un exemple concret de calcul des droits de succession entre frères et sœurs.
Statut fiscal des frères et sœurs dans la succession
Pour le fisc, les frères et sœurs sont des héritiers dits « collatéraux ordinaires ». Cela signifie qu'ils ne bénéficient pas des abattements généreux réservés aux conjoints survivants (exonération totale) ou aux enfants (100 000 € par parent).
Concrètement, un frère ou une sœur doit payer des droits de succession sur la part nette taxable, après application d'un abattement propre de 15 932 €.
Si le défunt n'a pas d'enfant ni de conjoint, les frères et sœurs sont appelés en deuxième ordre, après les parents. En présence de parents, ils n'héritent que de la moitié de la succession (les parents prenant l'autre moitié).
Ce statut fiscal moins favorable est souvent une surprise pour les héritiers, d'où l'importance d'anticiper par des donations ou une assurance-vie.
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Abattement de 15 932 € applicable en 2026
L'abattement applicable aux successions entre frères et sœurs est de 15 932 € . Cet abattement est personnel : chaque frère ou sœur héritier y a droit individuellement.
Exemple : si trois frères héritent, chacun déduit 15 932 € de sa part avant calcul des droits.
Cet abattement s'applique également en cas de donation entre frères et sœurs (mais il est alors unique pour le donateur, pas par donataire).
Attention : si vous héritez à la fois de vos parents et d'un frère, les abattements sont distincts. L'abattement frère/sœur est prévu à l'article 779 du Code général des impôts.
Pour 2026, le montant reste inchangé (15 932 €). Au-delà de cet abattement, le surplus est taxé selon un barème spécifique.
Barème des droits de succession entre frères et sœurs
Le barème applicable aux frères et sœurs est le même que celui des collatéraux privilégiés (oncles, tantes, neveux, nièces). Il s'agit d'un barème progressif par tranche, qui s'applique après déduction de l'abattement de 15 932 €.
Les tranches pour 2026 sont :
. De 0 à 24 430 € : 35 %
. Au-delà de 24 430 € : 45 %
Autrement dit, une fois l'abattement déduit, la part taxable jusqu'à 24 430 € est imposée à 35 %, et la partie excédant 24 430 € à 45 %. Ce barème est fixé par l'article 777 du Code général des impôts.
Comparé à d'autres liens de parenté, c'est relativement lourd : un neveu paie les mêmes taux, mais avec un abattement beaucoup plus faible (7 967 € en 2026).
Conditions d'exonération pour les frères et sœurs cohabitants
Une exonération totale des droits de succession peut s'appliquer si le frère ou la sœur remplit trois conditions cumulatives :
1. Être âgé de plus de 50 ans au moment du décès, ou être atteint d'une infirmité le rendant incapable de travailler.
2. Avoir vécu avec le défunt pendant les cinq années ayant précédé le décès, de manière continue et à titre principal (logement commun, vie commune effective).
3. Être célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps au moment du décès (ne pas être en couple).
Si ces conditions sont réunies, le frère ou la sœur est exonéré de tous droits de succession sur la part reçue, sans plafond .
Attention : les services fiscaux sont stricts sur la preuve de la cohabitation. Il faut fournir des justificatifs (factures aux deux noms, attestation sur l'honneur, quittance de loyer commune, etc.).
Cette exonération est prévue à l'article 796-0 ter du Code général des impôts. Elle constitue une niche fiscale précieuse, mais peu connue.
Exemple de calcul avec abattement et barème
Prenons un cas concret. Jean décède sans enfant ni conjoint. Il laisse deux frères, Marc et Paul, chacun héritier pour moitié. La succession nette (après déduction des dettes) est de 200 000 €. Chaque frère reçoit donc 100 000 € avant abattement.
- Abattement de 15 932 € par frère : part taxable = 100 000 - 15 932 = 84 068 €.
- Calcul des droits pour chaque frère :
- Tranche à 35 % jusqu'à 24 430 € : 24 430 × 35 % = 8 550,50 €
- Tranche à 45 % au-delà : (84 068 - 24 430) = 59 638 € × 45 % = 26 837,10 €
- Total droits par frère : 8 550,50 + 26 837,10 = 35 387,60 €
- Droits totaux pour la succession : 35 387,60 × 2 = 70 775,20 €.
Marc et Paul paient donc chacun environ 35 388 € sur leur part de 100 000 €, soit un taux effectif de 35,4 %. Sans l'abattement, ce serait pire.
Si l'un des frères avait cohabité avec Jean pendant 5 ans, il serait totalement exonéré, et l'autre paierait sur 100 000 € (après abattement : 84 068 €) les mêmes droits, soit 35 388 €.
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Optimisation possible : donation ou assurance-vie
Pour éviter la lourde fiscalité des successions entre frères et sœurs, deux solutions sont efficaces.
La donation : de son vivant, un frère ou une sœur peut donner jusqu'à 15 932 € tous les 15 ans sans droits (abattement spécifique identique). Au-delà, le barème est le même. Mais on peut fractionner les dons. Par exemple, donner 15 932 € en 2026, puis à nouveau en 2041, etc. Pour des montants importants, mieux vaut donner à ses enfants ou à son conjoint plutôt qu'à son frère.
L'assurance-vie : c'est l'outil le plus puissant. Vous désignez votre frère ou sœur comme bénéficiaire. Les capitaux versés sont exonérés de droits de succession dans la limite de 152 500 € par bénéficiaire (pour les primes versées avant 70 ans). Au-delà, ils sont taxés à 20 % jusqu'à 700 000 € .
C'est bien plus avantageux que le barème à 35 %/45 %. De plus, les sommes ne font pas partie de la succession et évitent tout abattement.
Exemple : hériter de 200 000 € par assurance-vie coûte au maximum 20 % sur 47 500 € (soit 9 500 €), contre 70 775 € via une succession. L'assurance-vie est donc à recommander pour les fratries souhaitant se transmettre un patrimoine.
Rappel juridique : cet article a un but informatif et ne remplace pas une consultation chez un notaire ou un conseil fiscal personnalisé. Pour une situation particulière, adressez-vous à l'administration fiscale ou à votre notaire.
FAQ
Quel est l'abattement entre frères et sœurs en 2026 ?
L'abattement spécifique est de 15 932 € par frère ou sœur héritier . Il s'applique sur la part nette de chacun avant calcul des droits.
Les frères et sœurs sont-ils exonérés de droits de succession ?
Oui, dans certaines conditions : si le frère ou la sœur était âgé de plus de 50 ans ou invalide, a cohabité avec le défunt pendant 5 ans minimum, et est célibataire, veuf, divorcé ou séparé . Dans ce cas, exonération totale.
Quel est le taux d'imposition pour une succession entre frères et sœurs ?
Le barème est progressif : 35 % jusqu'à 24 430 € de part taxable, puis 45 % au-delà . L'abattement de 15 932 € est déduit avant application du barème.
Puis-je donner à mon frère sans payer de droits ?
Oui, jusqu'à 15 932 € tous les 15 ans par donateur et par donataire (abattement spécifique). Au-delà, le barème de 35 %/45 % s'applique.
L'assurance-vie est-elle mieux que la succession pour un frère ?
Oui, car l'assurance-vie bénéficie d'un abattement de 152 500 € par bénéficiaire (primes avant 70 ans) et d'une taxation réduite (20 % au-delà) . C'est souvent plus avantageux que le barème successoral.
