Abattement succession conjoint en 2026 : montant et calcul
La perte d'un conjoint est l'une des épreuves les plus difficiles de la vie. Et dans ce tourbillon émotionnel, les démarches fiscales peuvent vite devenir un cauchemar administratif.
Pourtant, le législateur a prévu une mesure particulièrement protectrice pour le conjoint survivant : un abattement de 100 % sur les droits de succession. Concrètement, que vous héritiez de 5 000 € ou de 5 millions d'euros, l'État ne vous réclamera pas un centime.
Cette règle, inscrite dans le Code général des impôts depuis 2007, reste pleinement applicable en 2026. Mais comme souvent en matière fiscale, le diable se cache dans les détails. Tous les couples ne sont pas égaux face à cette mesure : mariés, pacsés, concubins, donations antérieures, biens à l'étranger... chaque situation a ses spécificités.
Dans ce guide, je vous explique précisément le montant de l'abattement pour le conjoint en 2026, qui peut en bénéficier, comment il s'applique concrètement, et surtout quels pièges éviter pour ne pas se retrouver avec une mauvaise surprise lors de la déclaration.
Le principe d'exonération totale pour le conjoint survivant
Depuis la loi TEPA du 21 août 2007, le conjoint survivant est exonéré de droits de succession sur la part qu'il reçoit . Concrètement, que vous héritiez de 10 000 € ou de 10 millions d'euros, vous ne paierez aucun droit. Cet abattement de 100 % sur la part nette taxable signifie que le montant des droits est de zéro .
En 2026, ce principe reste inchangé .
Toutefois, l'abattement ne porte que sur les droits de succession ; il n'affecte pas les autres impôts comme l'impôt sur la fortune immobilière (IFI) si l'actif dépasse 1,3 million d'euros.
En pratique, lorsque vous déposez la déclaration de succession (formulaire Cerfa n°2705-SD), le notaire ou l'administration fiscale applique automatiquement cet abattement. Aucune démarche particulière n'est nécessaire, mais il faut bien justifier de votre qualité de conjoint survivant .
📌 Besoin du formulaire de déclaration ? Le Cerfa n°11277 (2705-SD) est téléchargeable sur impots.gouv.fr .
Quel est le montant de l'abattement pour le conjoint en 2026 ?
L'abattement pour le conjoint survivant est de 100 % de la part nette taxable. Cela signifie qu'il n'y a pas de plafond : tout est exonéré.
Selon votre situation :
. Conjoint marié : abattement de 100 % (exonération totale)
. Partenaire de Pacs : abattement de 100 % (exonération totale)
. Concubin : abattement de 1 594 € seulement (abattement de droit commun entre non-parents)
À titre de comparaison, les autres abattements en 2026 sont :
. Enfant : 100 000 €
. Frère ou sœur : 15 932 €
. Neveu ou nièce : 7 967 €
. Petit-enfant : 1 594 €
. Personne handicapée (héritier) : 159 325 €
L'abattement du conjoint est donc le plus avantageux de tous les liens de parenté.
Qui est considéré comme conjoint survivant ?
La loi est claire : seuls les époux mariés et les partenaires de Pacs bénéficient de l'abattement total .
Pour les époux mariés : l'abattement s'applique dès lors que le couple était marié au moment du décès, quel que soit le régime matrimonial (communauté réduite aux acquêts, séparation de biens ou communauté universelle) .
Pour les partenaires de Pacs : les partenaires pacsés bénéficient du même abattement depuis 2007, le Pacs étant assimilé au mariage en matière de droits de succession . Attention : pour les couples pacsés, le partenaire survivant ne recueille la succession que s'il existe un testament .
Pour les concubins : les concubins (union libre), même avec une vie commune longue et des enfants, ne sont pas considérés comme conjoints survivants. Ils héritent avec un abattement de 1 594 € seulement . Le concubin peut être protégé par un testament (legs) mais paiera des droits à 60 % de la part taxable après abattement .
À savoir : en cas de divorce en cours mais non finalisé au moment du décès, le conjoint conserve son statut fiscal privilégié. Inversement, un divorce prononcé fait perdre définitivement cet abattement .
Abattement spécifique vs exonération : différences
Il ne faut pas confondre abattement et exonération .
. L'abattement est une somme déduite de la part taxable avant calcul des droits. Par exemple, un enfant bénéficie d'un abattement de 100 000 € en 2026 : il ne paie des droits que sur ce qui dépasse cette somme .
. L'exonération, elle, est une dispense totale de droits sur l'intégralité de la part reçue. Pour le conjoint survivant, il s'agit donc d'une exonération, et non d'un simple abattement .
Concrètement, l'intégralité de la succession transmise au conjoint est non imposable. Ce traitement exceptionnel est unique dans le droit fiscal français .
Dans le cadre d'une succession avec plusieurs héritiers, la part du conjoint reste exonérée, mais les autres parts (enfants, légataires) sont imposables selon leur lien de parenté .
Impact de l'abattement sur le calcul des droits
L'abattement de 100 % pour le conjoint survivant simplifie grandement le calcul des droits .
En pratique, lors du règlement de la succession, le notaire dresse l'actif net (biens moins dettes), puis détermine la part de chaque héritier en fonction des règles légales ou du testament. La part du conjoint survivant (par exemple, un quart en pleine propriété, ou l'usufruit de la totalité) est soustraite de l'assiette taxable. Les droits ne sont donc calculés que sur les parts des autres héritiers .
Exemple : si une succession est de 600 000 € et que le conjoint reçoit 200 000 € (usufruit), les 400 000 € restants sont imposables entre les enfants (après abattement de 100 000 € chacun). Le conjoint, lui, ne paie rien.
Ce mécanisme évite au conjoint survivant d'avoir à avancer des fonds pour payer des droits, ce qui peut être crucial pour conserver le logement familial.
Cas des successions avec donation antérieure
Si le défunt avait effectué des donations de son vivant, celles-ci peuvent influencer la succession . Lors de la déclaration, les donations antérieures sont réévaluées et ajoutées fictivement à l'actif successoral pour calculer les droits des autres héritiers.
Mais pour le conjoint survivant, l'abattement reste total sur sa part, même s'il a lui-même reçu une donation .
Important : les donations entre époux (donation au dernier vivant) sont exonérées de droits de mutation à titre gratuit. En 2026, ces dispositions n'ont pas changé.
FAQ
Quel est le montant de l'abattement pour le conjoint en 2026 ?
L'abattement pour le conjoint survivant est de 100 % de la part nette taxable. Cela signifie une exonération totale : le conjoint ne paie aucun droit de succession, quel que soit le montant hérité .
L'abattement pour conjoint s'applique-t-il au partenaire de Pacs ?
Oui, depuis 2007, le partenaire de Pacs bénéficie du même abattement de 100 % que le conjoint marié . Attention : le partenaire survivant ne recueille la succession que s'il existe un testament.
Le concubin bénéficie-t-il de l'abattement pour conjoint ?
Non, le concubin (union libre) n'est pas considéré comme conjoint survivant . Il hérite avec un abattement de 1 594 € seulement et paie des droits à 60 % au-delà .
Quels sont les délais pour déclarer la succession en tant que conjoint survivant ?
La déclaration de succession doit être déposée dans les 6 mois suivant le décès (12 mois si le décès a eu lieu hors de France). Le conjoint survivant est tenu de déclarer, même s'il bénéficie de l'abattement total. Consultez notre guide sur le délai de déclaration de succession.
Le conjoint survivant doit-il payer l'IFI sur les biens hérités ?
Oui, l'IFI (impôt sur la fortune immobilière) concerne les biens immobiliers détenus au 1er janvier de l'année. Si le conjoint hérite de biens immobiliers d'une valeur nette taxable supérieure à 1,3 million d'euros, il devra payer l'IFI, indépendamment de l'abattement sur les droits de succession.
